Le chef de Place publique et député européen Raphaël Glucksmann participe à une manifestation à Rouen, à l'occasion de la Fête du Travail, le 1er mai 2026 ( AFP / Lou BENOIST )
Le compte à rebours est lancé: Raphaël Glucksmann se donne "trois mois" pour décider s'il se présente à la présidentielle et convaincre qu'il est le plus à même de porter les couleurs de la social-démocratie, qui ne doit selon lui avoir qu'un seul candidat.
"Je me donne trois mois, trois mois pour sillonner le pays et proposer (un) nouveau contrat patriotique, trois mois pour réunir ma famille politique", a-t-il déclaré mardi soir au 20 heures de TF1, assurant qu'il ne serait "pas un candidat de plus sur l'espace de la gauche démocratique".
L'eurodéputé, parmi les favoris des sondages sur l'arc social-démocrate (autour de 11% des intentions de vote), a assuré qu'il n'y aurait à la fin qu'"une seule candidature" de la gauche non mélenchoniste, celle de "la personne la mieux placée".
Il a dit avoir "l'intime conviction" que cet espace "est le seul qui peut vaincre l'extrême droite en 2027".
"Notre responsabilité est immense, et la mienne en particulier", a-t-il insisté, rappelant qu'il avait fait "le seul score à deux chiffres de ces dix dernières années pour la social-démocratie à une élection nationale", avec 14% aux européennes de 2024. "Je suis comptable de l'espoir que j'ai levé", a-t-il lancé.
A l’heure où le Parti socialiste est bloqué dans des négociations internes sur la désignation du candidat pour 2027, Raphaël Glucksmann espère enterrer définitivement l'idée d'une primaire de la gauche hors-LFI défendue par le premier secrétaire Olivier Faure et la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier.
Mais le chef du petit parti Place publique ne dispose pas d'une structure suffisante pour appuyer sa future candidature, et doit convaincre une partie des socialistes et des déçus de la macronie de se ranger derrière lui.
Il doit aussi faire face à la concurrence de l'ex-président François Hollande, en embuscade, alors que le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon est crédité de 16% des intentions de vote dans un dernier sondage.
Jean-Luc Mélenchon est "un agent électoral de l'extrême droite", a dénoncé M. Glucksmannau au JT, car il perdrait au deuxième tour face à Marine Le Pen ou Jordan Bardella, selon les sondages.
L'eurodéputé organise un premier grand meeting le 13 juin, à Aubervilliers, pour envoyer "un message d'espérance". Il va poursuivre ses interventions médiatiques autour du lancement de son livre "Nous avons encore envie", à paraitre jeudi.
- Convention sur l'immigration -
Celui qui dit vouloir reprendre le drapeau français des mains de l'extrême droite considère que la gauche doit proposer un "nouveau contrat patriotique" pour "rendre à la France sa puissance" et "redonner aux Français la maîtrise de leur destin".
Il dévoile une série de propositions qui pourraient déplaire dans son camp. Mais il le revendique: "Je ne parle pas ici de la gauche à la gauche, mais de la France aux Français".
Il propose ainsi l'instauration d'un service civique obligatoire, de 10 mois.
Sans détailler, il entend aussi faire de la sécurité "un axe majeur", et veut mettre en place une "convention citoyenne sur l'immigration", pour ne pas "fuir le débat".
Autre proposition, la création d'un "+passeport pour l'émancipation+ garantissant à chaque enfant de partir en séjour collectif", pour remplacer les colonies de vacances qui ont presque disparu.
Souvent accusé de parisianisme et de déconnexion, le compagnon de la journaliste Léa Salamé s'est vu reprocher récemment la parution d'une note d'un de ses conseillers, lui proposant d'"éviter" certaines cibles électorales comme les banlieues, les faibles revenus et les jeunes. "Je l'ai jetée à la poubelle", a-t-il répondu sur TF1.
Lui assure vouloir reparler à "la France des pavillons", dont la gauche "ne cherche plus à comprendre" les "besoins" et les "aspirations".
Érigeant l'école publique parmi ses priorités, il promet d'augmenter le le salaire des enseignants et leur nombre face aux élèves.
Défenseur de la taxe Zucman sur les hauts patrimoines, il prône aussi un "nouveau contrat social et fiscal favorable aux travailleurs" et un rééquilibrage de la "taxation entre le travail, le capital, la retraite et l'héritage".
Enfin, il défend une "nouvelle révolution industrielle française" fondée sur la "transformation écologique".

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